jeudi 29 octobre 2015

PILGRIMWEN - Les Evolués : Détention (Chapitre 7) [Nouvelle/Roman FP #14]

LES ÉVOLUÉS
Chapitre 7 : Détention

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Froid. Il fait froid. Extrêmement froid. Je ne peux aisément faire appel à mon don, transis que je suis. Ma cellule a été brillamment conçue. Elle projette en permanence une vague de froid afin de neutraliser le feu qui sommeille en moi. En outre, ce cachot amenuise mes forces. Enfin, je reçois un tel traitement de faveur, lors des séances de torture, que je suis à deux doigts de passer de vie à trépas…

Je hais le Centre, je les hais ! Quel lieu de dépravation !

Je ronge mon frein, je patiente. Mon heure… non !, NOTRE heure est proche. J'ai pu, en de rares occasions, rencontrer d'autres détenus. Ils sont à mon image, ravagés par la douleur, les privations, l'isolement. Lors des repas au réfectoire, nous avons pu échangé très brièvement, malgré la vigilance de nos geôliers. Nous avons, d'un commun accord, décrété que le règne de terreur prendra très bientôt fin. Le jour de La Lune et de la Guerre. C'est ainsi que nous nommons le jour promis, le jour de la libération. Lorsque Diane et Mars s'uniront, nous, les évolués, nous réveillerons et combattrons l'oppresseur d'une seule et puissante voie. En attendant, nous souffrons en silence.

Les heures, les jours, les mois défilent néanmoins notre détermination reste intacte. Notre évasion, elle approche à grand pas…

...

Ce matin, ma voisine de cellule a succombé durant l'interrogatoire. Ce fut une expérience éprouvante que, au moment où je m'installais sur la chaise de torture, de découvrir son corps inanimé et ensanglanté. L'un des bourreaux m'adressa son plus beau sourire sadique et, comme s'il s'agissait d'un vulgaire sac, entreprit de traîner la dépouille de l'infortunée en dehors de la pièce. Une femme aussi charmante et ravissante que Sirène – j'ignore toujours sa véritable identité - ne méritait pas un si cruel châtiment.

«  - Ordures... » marmonne-je.

L'un des tortionnaires fronce les sourcils et interroge son collègue :

« - Qu'a-t-il dit ?

- Rien. En tout cas, rien d'intelligible. Notre adorable Vulcain, ici présent, n'est plus en mesure de s'exprimer distinctement. Selon le Centre, il a sombré dans la folie comme la majorité de ses camarades de classe. Ba !, peu m'importe ! Aliénés ou non, le travail à effectuer sur ces patients restent le même. Et la paie tombe à chaque fin de mois ! J'me fous de leurs états d'âmes ! Trêve de bavardages, au boulot ! »

La séance. La fameuse séance durant laquelle ces connards testent nos facultés surhumaines… Par exemple, ils nous injectent des tas saloperies dans l'organisme, nous charcutent si nous sommes détenteurs de capacités régénératrices - ce qui est malheureusement mon cas – et j'en passe des vertes et des pas mûres…

A la vue des instruments disposés sur la table de ces messieurs, aujourd'hui, je pressens quelques découpes sur ma petite personne. L'opération du jour : me sectionner la main droite, histoire d'observer la repousse du membre. Je sers les dents avant que ces fous ne me tranchent la main.

« - Allons-y ... » grommelle-je.

...

Premier lundi du mois de Mars… Je hurle, au fond de ma prison, tel un dément :

« - EVOLUES, NOTRE HEURE EST ARRIVEE ! »


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